lundi 28 octobre 2013

Vol au dessus d’un nid de coucou


Vol au dessus d’un nid de coucou 

Le 26 février dernier, l’Astrolabe larguait les amarres et filait plein nord, laissant derrière lui 25 naufragés volontaires. Ce samedi 26 octobre, en fin d’après midi, un avion de la toute nouvelle compagnie low cost Air Adélie s’est posé avec succès (et c’est tant mieux me direz-vous) sur une piste aménagée pour l’occasion par le personnel au sol non qualifié, à savoir, nous. Cet heureux évènement vient clôturer 8 mois d’isolement.

Un avion donc  et non un bateau cette année. En effet, l’étendue de la banquise est telle, qu’il a été décidé dans les hautes sphères de la logistique IPEVienne de ne pas tenter le diable en prenant la désormais traditionnelle voie maritime Hobart - DDU. Depuis quelques années maintenant, la première rotation est pour le moins hasardeuse en raison d’un pack qui semble s’être littéralement amouraché de l’Astrolabe. C’est donc par les airs et non par la mer que notre hivernage s’est envolé. Et quelle émotion de voir surgir de nul part cet aéronef déchirant le ciel vierge de « notre » Terre Adélie. Car cet avion, un C130 pour les amateurs de machine volante, est bien plus qu’un vulgaire zing. (Il débloque le gars du bout du monde, me direz-vous !) Il est le signe du début de la fin. Le symbole du renouveau aussi. De nouvelles têtes. Certes peu. Seulement 6 personnes sont venus gonfler les rangs, mais déjà, le repas est plus bruyant, le service base, plus long... Ce samedi soir,il y avait une réelle effervescence à Dumont D’Urville. D’autres avions suivront. Malheureusement, celui-ci n’étant pas pourvu des cales de l’Astrolabe, il ne symbolise en rien les tomates juteuses, les concombres frais, les carottes « goûtues », et les précieux colis des proches...

Et comme pour nous confirmer que la fin est proche, les premiers manchots adélie regagnent l’île et reprennent, indifférents à toute cette agitation, leur sempiternelle chasse aux cailloux. 



lundi 14 octobre 2013

Avis de naissance


Avis de naissance

12 octobre 2013 : Premier veau de phoque de Weddell observé au sein de l’archipel.


samedi 12 octobre 2013

En mal de mer


En mal de mer
Quel étrange paradoxe, je le concède, lorsque l’on vit sur une île de ressentir le manque de la grande bleue. Car elle est bien là, tout autour de nous. Elle est bien là mais sous nos pieds, dissimulée, en hibernation, écrasée par le poids d’une carapace de glace devenue trop lourde. Inaccessible. Où sont ces embruns qui viennent vous fouetter le visage ? Le bruit si doux à l’oreille du clapotis des vagues, du ressac ? L’odeur d’iode ? Et ce bleu si profond ? Elle est comme contenue, enfermée. Bien sûr, il y a le trou de pêche, cette fenêtre sur la mer, œuvrant comme le hublot d’un bateau vous permettant de ne voir qu’une infime partie. Cloisonnée, enserrée. Voilà presque 8 mois que la mer semble s’être retirée, comme lors d’une trop forte marée de jusant. J’attends la renverse, impatiemment. Même elle finalement, nous a abandonné à notre hivernage. Alors je scrute l’horizon, espérant secrètement distinguer à l’horizon une zone sombre, ce bleu intense témoin de la présence d’une polynie en approche, cette portion d’eau libre ayant eu raison de la banquise. Car, les images satellites le confirment, deux polynies rôdent aux abords de Dumont D’Urville. Parfois, les jeux de lumière, l’ombre d’un nuage projeté sur la banquise me jouent des tours. Non, toujours rien pour l’instant ! En attendant, j’observe ces empereurs repartant nonchalamment en direction du Nord, non sans une certaine envie.

dimanche 15 septembre 2013

Activités sportives extérieures


Activités sportives extérieures

Il est certaine chose dont on peut affirmer avec certitude : « je ne le ferai qu’une fois dans ma vie ! ».  Rouler à vélo sur l’océan le plus tempétueux de la planète, faire du ski sur une île en Antarctique sont de celles-là ...
 







vendredi 13 septembre 2013

Made in DDU


Made in DDU

Isolez-vous, installez-vous à l’écart sur un rocher ou sur la banquise, tendez l’oreille et écoutez : rien. En Antarctique, en plein hiver, tout semble figé, immobile. Le temps paraît comme suspendu. Il semble avoir perdu de son emprise sur toute chose. Et soudain un bruit, un « crac » vient chasser cette douce illusion et vous sortir de cette trompeuse torpeur : est-ce le bruit de la banquise qui travaille ? Le glacier prêt à se délester d’un berg ? A moins que ce ne soit une allumette venant incendier cette bougie trônant fièrement au sommet de cette douceur faite de sucre et de crème, vous rappelant cruellement que, ici comme ailleurs, le temps poursuit son incessant travail de sape. Vous venez de vieillir d’une année !

Nous sommes 25 hivernants : c’est donc 25 anniversaires, idéalement répartis sur les douze mois de l’année par je ne sais quel heureux hasard, que nous avons à célébrer. Pas un mois ne passe en Terre Adélie, donc, sans qu’un gâteau ne vienne un samedi soir clôturer un repas. Et bien sûr, qui dit anniversaire, dit cadeaux ! Or, comme chacun le sait, ici point de lèche-vitrine envisageable le samedi après-midi, aucune échoppe sur la place centrale de l’île, aucune vitrine alléchante pour le chaland qui passe, aucun magasin dans lequel trouver le cadeau de dernière minute et qui ferait l’affaire, bon an mal an. Non, ici, tout est réfléchi et confectionné sur place avec les moyens du bord. Système D-DU. Chaque cadeau est ainsi estampillé « made in DDU ».  Bien sûr, certains ont un avantage certain de part leur métier et leur savoir-faire : aussi, un menuisier par exemple, a sur le papier (mais en pratique aussi, je vous le confirme (cf. Photo)) davantage d’aptitude qu’un biologiste marin, à concevoir de belles choses, et il y a vraiment de très belles choses de réalisées ici.

Pas moins de 6 DDUistes, dont je fais partie, ont pris une année supplémentaire au cours du mois d’août. Un mois placé sous le signe de la pâtisserie et de l’artisanat local donc ! DDU s’est alors mue en sorte d’atelier clandestin, où chacun s’est affairé à la réalisation de ses présents. Une sorte d’émulation s’est emparée de la base. De quoi s’occuper lors des nombreuses journées de tempête. Ici, nous vivons une vie dépourvue de stress (pour ma part du moins), et s’il est une chose qui peut vous causer quelques insomnies, c’est bien l’échéance du prochain anniversaire arrivant à grand pas, et pour lequel vous n’avez toujours pas d’idée de cadeaux. Certains ont trouvé la parade, en ayant un fil conducteur tout au long de l’année, ce qui vous évite la sempiternelle question : « qu’est-ce que je vais bien pouvoir lui offrir ? ». Si c’est véritablement le néant absolu, il vous reste la possibilité de vous associer et de vendre ainsi vos services : contribuer à la confection de telle ou telle pièce peut constituer un recours salutaire. Si vraiment rien ne vient, vous n’avez plus qu’à rester retranché dans votre « cellule » et attendre que le temps passe. Mais septembre est déjà là, avec son cortège d’anniversaires !






lundi 12 août 2013

Ca tourne en Antarctique !


Ca tourne en Antarctique !
Vous l’ignorez sans doute, l’information n’ayant pas été relayée par les médias du monde entier, mais sachez qu’à l’instar de Cannes, l’Antarctique possède son festival du septième art. Certes, quelques différences subsistent tout de même : ici, point de montée des marches pour cause évidente d’absence de public et de paparazzi, point de Carlton pour héberger star montante ou simple « m’as tu vu », le tapis n’est pas rouge mais bien blanc (si tant est qu’il y en est un) et « plaisir, humour, auto-dérision et modestie » pourrait être la devise de ce festival. D’ailleurs à toi, qui t’apprêtes à visionner nos chefs d’oeuvre (et je suis modeste), je sollicite toute ton indulgence !

Le principe est simple. Deux catégories de films sont proposées par chacune des bases présentent en Antarctique qui souhaitent participer (aucune obligation, la démarche est volontaire) : une catégorie libre et une catégorie 48h.

·       La catégorie "Libre" :

  * Sujet complètement ouvert : drame, comédie, documentaire, musique, art, etc.
  * Doit être filmé en Antarctique
  * La durée ne doit pas excéder 5 minutes
  * Les films devront tous être mis à disposition sur le partage Google
    Drive pour le lundi 5 août.

·       La catégorie "48 heures" :

  * Organisée pendant le premier week-end d'août, les 3 et 4
  * 5 éléments, choisis par les vainqueurs de l'an dernier, devaient être inclus dans le film.
Il s'agissait :
      o d'un son : un éternuement
      o d'un petit objet (plus petit qu'un sac à dos) : une balle de ping pong
      o d'un gros objet (plus gros qu'un sac à dos) : une baignoire
      o d'une phrase de dialogue : Voulez-vous coucher avec moi ce soir ?
      o d'un personnage : Mister Gingerbread (cf. Shrek)

Ensuite, tous les films sont partagés entre les bases et chaque personne vote pour son film préféré. L’issue de ces votes sera connu dans les jours qui viennent.

Nous avons proposé deux films correspondant à chacune de ces catégories. Toute la base s’est investie et ce fut un vrai moment de détente et de franche rigolade en cette période post mid.

Bon visionnage

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