jeudi 18 avril 2013

Ombre portée


Ombre portée
Jeudi 18 avril 2013, 14h, soit 12h au soleil, son zénith : pas de doute, on s’enfonce bien dans l’hiver! A moins que je n’aie pris des mollets et des cuisses, et que mon cerveau ne s’atrophie dangereusement en raison du froid… Et chez vous à 14h, que dit votre ombre portée ?


mercredi 17 avril 2013

Exposition


Exposition

Une exposition sur l’Antarctique et plus particulièrement sur la biodiversité marine à travers le programme de recherche REVOLTA, sur lequel je travaille.  C’est au Muséum d’Histoire Naturelle du Havre du 13 avril 2013 au 9 mars 2014 !


mercredi 10 avril 2013

Liberté conditionnelle


Liberté conditionnelle
Durant l’hiver, nous sommes totalement coupés du monde, plus aucun bateau ne viendra nous rendre visite avant quelques mois. Nous sommes les « prisonniers » volontaires de l’Antarctique. De quoi développer un sentiment de claustrophobie. Pourtant et paradoxalement, l’hiver vient chasser ce sentiment d’enfermement, il procure une grande sensation de liberté (du moins en ce qui me concerne). En effet, lorsqu’en été nous étions assignés à résidence en raison du caractère insulaire de la dite résidence, l’hiver nous offre la possibilité de s’affranchir de cette contrainte et de s’éloigner de ce bout de caillou devenu trop petit. Une liberté toute nouvelle, ayant grandie au rythme de la banquise. Car si l’hiver apporte son lot d’intempéries (vent, neige et par voie de conséquences, maudites congères !), l’hiver nous offre le froid, un précieux allié sur le chemin de la liberté retrouvée. Celui-ci parvient progressivement à figer la surface d’un océan comme engourdi, hypnotisé par tant de volonté. Après quelques soubresauts de protestation (une fracture dans la fraîche banquise), l’océan n’a d’autres choix que de jeter l’éponge et de se laisser recouvrir de ce manteau de glace.
Désormais la banquise s’étend à perte de vue. Néanmoins, il ne s’agit pas de s’aventurer au dehors la fleur au fusil. Car si en apparence, le plancher est solide, la prudence est de mise car des pièges subsistent. La réglementation française en vigueur ici, impose une épaisseur minimale de glace de 40cm pour pouvoir mettre un pied devant l’autre, quand chez nos voisins Australiens, 20cm suffisent ! Est-ce à croire que nous, Froggies, sommes deux fois plus lourds que les Wallabies ? Allez savoir...
Le passage des empereurs (gros et gras en prévision d’un hiver de jeûne et forts de leur 40kg), sur la glace nouvellement formée est un premier témoin de son épaisseur, même si beaucoup d’entre nous, équivalent davantage à deux empereurs! Quoi qu’il en soit, pour avoir une idée précise de l’épaisseur de glace, un sondage est nécessaire. Armés d’une sorte de gros tire-bouchon vissé sur une perceuse, il nous faut forer. Techniquement, il est pour le moins difficile de forer à distance depuis l’île, alors timidement, vous mettez un pied devant l’autre, sans trop savoir si ça tiendra ou non. En marchant sur cette nouvelle couche de glace, il vaut mieux faire abstraction du fait que sous nos pieds, à certains endroits le plancher des « vaches de mer » se situe 600m plus bas : de quoi avoir le pas fébrile... Le 02 avril, l’épaisseur de banquise oscillait entre 35 et 40cm selon les endroits sondés. La liberté est proche.
Une liberté conditionnelle néanmoins, car un périmètre de sécurité sera alors établi, sorte de ligne imaginaire au delà de laquelle, il nous sera interdit d’aller.  









mercredi 27 mars 2013

Où hiver rime avec congère


Où hiver rime avec congère

Mars, Terre Adélie. L’hiver prend ses aises, s’émancipe. Il reconnait les lieux, il est probablement déjà venu. Il s’installe, s’étale, s’impose à nous pour finalement nous envelopper totalement et chasser les dernières traces d’un été fugace. La banquise s’étend désormais à perte de vue, figeant le paysage pour les 8 mois à venir. Le mercure a opéré une chute non négligeable dans sa prison de verre. Les températures fluctuent désormais entre -10 et -15°c. Ajoutez à cela un petit vent d’Est et vous atteignez les -25°c en température ressentie ; ça commence à piquer les doigts, et à durcir sérieusement les poils de barbe. Tout ce qui avait des plumes ou presque a pris ses ailes à son cou et mis le cap plein Nord pour regagner des contrées plus clémentes, moins « thermhostiles ». La nuit grignote progressivement le jour, pour prochainement prendre le dessus sur ce dernier. La nuit polaire : les étoiles, innombrables, la voie lactée, comme jamais je ne l’avais vue, les aurores australes, magiques qui ont été la vedette de ce mois de mars...L’hiver a ses charmes, c’est certain.

L’hiver, c’est aussi parfois du vent, une visibilité nulle ou presque et de la neige. Une neige qui a cette fâcheuse tendance à venir s’agglomérer derrière tout objet volumineux, les bâtiments donc, obstruant ainsi portes et fenêtres,  comme si elle cherchait à son tour à s’abriter du vent! Alors si vous envisagez de profiter du peu de lumière qu’il vous est promis les prochains mois, vous n’avez d’autres choix que de prendre votre pelle, votre huile de coude et de retirer une couche de vêtement : la suée étant garantie, même ici ! Pour les récalcitrants de la salle de sport, quelle aubaine !

Mais,  l’hiver, le mois de mars, c’est aussi et surtout ça, le retour en nombre des Empereurs... 








lundi 18 mars 2013

Le temps des aurores





Depuis quelques nuits, le ciel de Terre Adélie s’illumine la nuit.
La haute atmosphère est le siège de phénomènes lumineux comme les aurores polaires. On parle d’aurores boréales pour l’hémisphère nord et australes pour l’hémisphère sud. Observées depuis l’antiquité, elles sont en étroite relation avec le champ magnétique terrestre et lors de grandes tempêtes magnétiques, elles peuvent donner naissance à des phénomènes très spectaculaires. L’aurore devient perceptible à l’œil lorsque le contraste avec le ciel nocturne est suffisant. Les parties les plus brillantes des grandes aurores atteignent une luminance qui est certainement supérieure à dix mille fois celle du ciel nocturne. On trouve, dans la littérature, mention d’aurores qui auraient atteint la luminance du ciel bleu ou de la pleine lune, qui est d’ailleurs du même ordre de grandeur, mais la réalité de ces observations n’est pas certaine.
Provoquées par l'interaction entre les particules chargées du vent solaire et la haute atmosphère, les aurores se produisent principalement dans les régions proches des pôles, dans une zone annulaire justement appelée « zone aurorale » (entre 65 et 75° de latitude). En cas d'activité magnétique intense, l'arc auroral s'étend et commence à envahir des zones beaucoup plus proches de l'équateur. L'aurore polaire est “descendue” jusqu'à Honolulu en septembre 1859 et jusqu'à Singapour en septembre 1909 atteignant ainsi le dixième degré de latitude sud.
Les aurores boréales ont été observées depuis toujours, et ont probablement beaucoup impressionné les anciens.
Dans le passé, les hommes ont mystifié les aurores et selon les peuples elles n’avaient pas la même signification. Pour les peuples du grand Nord comme les Inuit, qui avaient l’habitude d’en voir, l’aurore boréale était une amie. Elle était le chemin de lumière qui conduisait les esprits vers le paradis de la nuit. Pour d’autres peuples du nord, tels les amérindiens, plus les aurores étaient brillantes et fantasques et plus leurs défunts étaient heureux. Durant les longues nuits d’hiver, elles deviennent pour tous ces hommes des promesses de bonheur, de fête et de gaité. Pour les peuples plus au sud, bien moins habitués à en voir, les aurores étaient le signe de funestes présages.
Pline l'Ancien, par exemple écrit : « On a vu pendant la nuit, sous le consulat de C. Caecilius et de Cn. Papirius (an de Rome 641), et d'autres fois encore, une lumière se répandre dans le ciel, de sorte qu'une espèce de jour remplaçait les ténèbres. »
(Texte écrit par Nicolas Coillard de la TA60 et photo de Guillaume M. : merci à eux !)

vendredi 1 mars 2013

Saison 2


Saison 2

Le balet des rotations est désormais terminé, et avec lui s’achève définitivement la saison d’été. L’Astrolabe a quitté le quai de DDU une dernière fois le mardi 26 février au soir. Il ne reviendra désormais que dans 8 mois. 8 mois d’hiver. Le coeur de cette aventure. La base semble désormais bien vide. Les manchots adélie, eux aussi désertent les lieux. Le froid s’installe, la nuit aussi. Une fine couche de glace apparaît à la surface de l’océan certain matin : une glace encore éphémère puisque  balayée au premier coup de vent, mais qui est de plus en plus fréquente. Signe supplémentaire que l’hiver est en approche, s’il en fallait, quelques empereurs sont déjà de retour parmi nous...

N’ayant pas toutes les adresses mail, je profite de l’occasion pour féliciter Héloïse et Yves-Marie, pour la naissance de Mael (merci pour le faire-part). Merci aussi à Vanessa pour sa carte (quelle surprise !) et à Aurélie F. pour le chocolat ! Je vous assure, ça fait du bien.