vendredi 29 novembre 2013
dimanche 17 novembre 2013
La roue tourne
La roue
tourne
Il y a un an, je découvrais tout juste mon
nouvel environnement, impressionné, émerveillé, intimidé presque. Mes VTN (vêtements
polaires) fraîchement déballées du paquetage IPEV, étaient alors respectivement
rouge tomate et bleu schtroumpf, elles possédaient cette odeur de neuf, bien
trop froide aux narines. Mes Sorel
étincelaient de propreté. Mon pas sur la banquise était hésitant, fébrile, et j’immortalisais
sur ma carte SD, chaque manchot que je croisais, chaque berg dépassé.
Un an plus tard, ces mêmes habits ont subi les
assauts du temps : mes VTN ont connu le sel, le vent, le soleil, les
déjections de manchots, les écailles de poissons et les
« soulagements » de phoques de Weddell. Si bien que le rouge tomate
et le bleu schtroumpf ont grandement perdu de leur superbe. Mes sorel ont foulé
la neige, la banquise, l’eau de mer parfois, le guano : le cuir s’est
déchiré, les lacets sont en lambeaux. Ces vêtements portent désormais une
histoire, la mienne. Ils ne sont plus ces simples pièces de tissus anonymes
fabriquées en série, ils se sont enrichis d’un vécu. Mon pas est devenu plus
sûr. Je sais depuis, déjouer certains pièges de la banquise. Je prends le temps
d’observer les manchots, les phoques, les pétrels, plutôt que de chercher à les
mettre en boîte. J’admire les bergs. ( Et j’attends toujours la mer ! )
La roue a tourné donc. L’arrivée des premiers
hivernants de la 64ème mission en Terre Adélie est venue nous le
rappeler. Les néophytes que nous étions font désormais figure d’anciens, de
vieux routiers de la banquise. C’est à nous à présent de transmettre notre
expérience du terrain, notre « savoir » si modeste soit-il. La passation est en marche.
lundi 28 octobre 2013
Vol au dessus d’un nid de coucou
Vol au
dessus d’un nid de coucou
Le 26 février dernier, l’Astrolabe larguait les amarres et filait plein nord, laissant
derrière lui 25 naufragés volontaires. Ce samedi 26 octobre, en fin d’après
midi, un avion de la toute nouvelle compagnie low cost Air Adélie s’est posé avec succès (et c’est tant mieux me
direz-vous) sur une piste aménagée pour l’occasion par le personnel au sol non
qualifié, à savoir, nous. Cet heureux évènement vient clôturer 8 mois d’isolement.
Un avion donc et non un bateau cette année. En effet, l’étendue de la
banquise est telle, qu’il a été décidé dans les hautes sphères de la logistique
IPEVienne de ne pas tenter le diable en prenant la désormais traditionnelle
voie maritime Hobart - DDU. Depuis quelques années maintenant, la première
rotation est pour le moins hasardeuse en raison d’un pack qui semble s’être
littéralement amouraché de l’Astrolabe.
C’est donc par les airs et non par la mer que notre hivernage s’est envolé. Et
quelle émotion de voir surgir de nul part cet aéronef déchirant le ciel vierge
de « notre » Terre Adélie. Car cet avion, un C130 pour les amateurs
de machine volante, est bien plus qu’un vulgaire zing. (Il débloque le gars du
bout du monde, me direz-vous !) Il est le signe du début de la fin. Le symbole
du renouveau aussi. De nouvelles têtes. Certes peu. Seulement 6 personnes sont
venus gonfler les rangs, mais déjà, le repas est plus bruyant, le service base,
plus long... Ce samedi soir,il y avait une réelle effervescence à Dumont
D’Urville. D’autres avions suivront. Malheureusement, celui-ci n’étant pas
pourvu des cales de l’Astrolabe, il ne
symbolise en rien les tomates juteuses, les concombres frais, les carottes « goûtues »,
et les précieux colis des proches...
Et comme pour nous confirmer
que la fin est proche, les premiers manchots adélie regagnent l’île et
reprennent, indifférents à toute cette agitation, leur sempiternelle chasse aux
cailloux.
lundi 14 octobre 2013
Avis de naissance
Avis de
naissance
12 octobre 2013 : Premier
veau de phoque de Weddell observé au sein de l’archipel.
samedi 12 octobre 2013
En mal de mer
En mal de mer
Quel étrange paradoxe,
je le concède, lorsque l’on vit sur une île de ressentir le manque de la grande
bleue. Car elle est bien là, tout autour de nous. Elle est bien là mais sous
nos pieds, dissimulée, en hibernation, écrasée par le poids d’une carapace de
glace devenue trop lourde. Inaccessible. Où sont ces embruns qui viennent vous
fouetter le visage ? Le bruit si doux à l’oreille du clapotis des vagues,
du ressac ? L’odeur d’iode ? Et ce bleu si profond ? Elle est comme
contenue, enfermée. Bien sûr, il y a le trou de pêche, cette fenêtre sur la
mer, œuvrant comme le hublot d’un bateau vous permettant de ne voir qu’une
infime partie. Cloisonnée, enserrée. Voilà presque 8 mois que la mer semble
s’être retirée, comme lors d’une trop forte marée de jusant. J’attends la renverse,
impatiemment. Même elle finalement, nous a abandonné à notre hivernage. Alors
je scrute l’horizon, espérant secrètement distinguer à l’horizon une zone
sombre, ce bleu intense témoin de la présence d’une polynie en approche, cette
portion d’eau libre ayant eu raison de la banquise. Car, les images satellites
le confirment, deux polynies rôdent aux abords de Dumont D’Urville. Parfois,
les jeux de lumière, l’ombre d’un nuage projeté sur la banquise me jouent des
tours. Non, toujours rien pour l’instant ! En attendant, j’observe ces
empereurs repartant nonchalamment en direction du Nord, non sans une certaine envie.
vendredi 20 septembre 2013
dimanche 15 septembre 2013
Activités sportives extérieures
Activités
sportives extérieures
Il est certaine chose dont on peut affirmer avec
certitude : « je ne le ferai qu’une fois dans ma
vie ! ». Rouler à vélo
sur l’océan le plus tempétueux de la planète, faire du ski sur une île en
Antarctique sont de celles-là ...
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