dimanche 17 novembre 2013

La roue tourne


La roue tourne

Il y a un an, je découvrais tout juste mon nouvel environnement, impressionné, émerveillé, intimidé presque. Mes VTN (vêtements polaires) fraîchement déballées du paquetage IPEV, étaient alors respectivement rouge tomate et bleu schtroumpf, elles possédaient cette odeur de neuf, bien trop  froide aux narines. Mes Sorel étincelaient de propreté. Mon pas sur la banquise était hésitant, fébrile, et j’immortalisais sur ma carte SD, chaque manchot que je croisais, chaque berg dépassé.

Un an plus tard, ces mêmes habits ont subi les assauts du temps : mes VTN ont connu le sel, le vent, le soleil, les déjections de manchots, les écailles de poissons et les « soulagements » de phoques de Weddell. Si bien que le rouge tomate et le bleu schtroumpf ont grandement perdu de leur superbe. Mes sorel ont foulé la neige, la banquise, l’eau de mer parfois, le guano : le cuir s’est déchiré, les lacets sont en lambeaux. Ces vêtements portent désormais une histoire, la mienne. Ils ne sont plus ces simples pièces de tissus anonymes fabriquées en série, ils se sont enrichis d’un vécu. Mon pas est devenu plus sûr. Je sais depuis, déjouer certains pièges de la banquise. Je prends le temps d’observer les manchots, les phoques, les pétrels, plutôt que de chercher à les mettre en boîte. J’admire les bergs. ( Et j’attends toujours la mer ! )

La roue a tourné donc. L’arrivée des premiers hivernants de la 64ème mission en Terre Adélie est venue nous le rappeler. Les néophytes que nous étions font désormais figure d’anciens, de vieux routiers de la banquise. C’est à nous à présent de transmettre notre expérience du terrain, notre « savoir » si modeste soit-il.  La passation est en marche.


lundi 28 octobre 2013

Vol au dessus d’un nid de coucou


Vol au dessus d’un nid de coucou 

Le 26 février dernier, l’Astrolabe larguait les amarres et filait plein nord, laissant derrière lui 25 naufragés volontaires. Ce samedi 26 octobre, en fin d’après midi, un avion de la toute nouvelle compagnie low cost Air Adélie s’est posé avec succès (et c’est tant mieux me direz-vous) sur une piste aménagée pour l’occasion par le personnel au sol non qualifié, à savoir, nous. Cet heureux évènement vient clôturer 8 mois d’isolement.

Un avion donc  et non un bateau cette année. En effet, l’étendue de la banquise est telle, qu’il a été décidé dans les hautes sphères de la logistique IPEVienne de ne pas tenter le diable en prenant la désormais traditionnelle voie maritime Hobart - DDU. Depuis quelques années maintenant, la première rotation est pour le moins hasardeuse en raison d’un pack qui semble s’être littéralement amouraché de l’Astrolabe. C’est donc par les airs et non par la mer que notre hivernage s’est envolé. Et quelle émotion de voir surgir de nul part cet aéronef déchirant le ciel vierge de « notre » Terre Adélie. Car cet avion, un C130 pour les amateurs de machine volante, est bien plus qu’un vulgaire zing. (Il débloque le gars du bout du monde, me direz-vous !) Il est le signe du début de la fin. Le symbole du renouveau aussi. De nouvelles têtes. Certes peu. Seulement 6 personnes sont venus gonfler les rangs, mais déjà, le repas est plus bruyant, le service base, plus long... Ce samedi soir,il y avait une réelle effervescence à Dumont D’Urville. D’autres avions suivront. Malheureusement, celui-ci n’étant pas pourvu des cales de l’Astrolabe, il ne symbolise en rien les tomates juteuses, les concombres frais, les carottes « goûtues », et les précieux colis des proches...

Et comme pour nous confirmer que la fin est proche, les premiers manchots adélie regagnent l’île et reprennent, indifférents à toute cette agitation, leur sempiternelle chasse aux cailloux. 



lundi 14 octobre 2013

Avis de naissance


Avis de naissance

12 octobre 2013 : Premier veau de phoque de Weddell observé au sein de l’archipel.


samedi 12 octobre 2013

En mal de mer


En mal de mer
Quel étrange paradoxe, je le concède, lorsque l’on vit sur une île de ressentir le manque de la grande bleue. Car elle est bien là, tout autour de nous. Elle est bien là mais sous nos pieds, dissimulée, en hibernation, écrasée par le poids d’une carapace de glace devenue trop lourde. Inaccessible. Où sont ces embruns qui viennent vous fouetter le visage ? Le bruit si doux à l’oreille du clapotis des vagues, du ressac ? L’odeur d’iode ? Et ce bleu si profond ? Elle est comme contenue, enfermée. Bien sûr, il y a le trou de pêche, cette fenêtre sur la mer, œuvrant comme le hublot d’un bateau vous permettant de ne voir qu’une infime partie. Cloisonnée, enserrée. Voilà presque 8 mois que la mer semble s’être retirée, comme lors d’une trop forte marée de jusant. J’attends la renverse, impatiemment. Même elle finalement, nous a abandonné à notre hivernage. Alors je scrute l’horizon, espérant secrètement distinguer à l’horizon une zone sombre, ce bleu intense témoin de la présence d’une polynie en approche, cette portion d’eau libre ayant eu raison de la banquise. Car, les images satellites le confirment, deux polynies rôdent aux abords de Dumont D’Urville. Parfois, les jeux de lumière, l’ombre d’un nuage projeté sur la banquise me jouent des tours. Non, toujours rien pour l’instant ! En attendant, j’observe ces empereurs repartant nonchalamment en direction du Nord, non sans une certaine envie.

dimanche 15 septembre 2013

Activités sportives extérieures


Activités sportives extérieures

Il est certaine chose dont on peut affirmer avec certitude : « je ne le ferai qu’une fois dans ma vie ! ».  Rouler à vélo sur l’océan le plus tempétueux de la planète, faire du ski sur une île en Antarctique sont de celles-là ...